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Qui est Thierno Alassane Sall?

Thierno Alassane Sall est un homme politique sénégalais, il est ingénieur en télécommunication et en aviation civile. Il a travaillé pendant 22 ans à l’Agence pour la sécurité de la navigation aérienne en Afrique et à Madagascar (ASECNA), dont le siège se trouve à Dakar. Il a été représentant de l’ASECNA au Sénégal et aux Comores.

Il a occupé les fonctions d’auditeur de l’aviation civile pour le compte de l’Organisation de l’aviation civile internationale (OACI) en Afrique, Europe et Asie. Il a aussi été chef du département sécurité et qualité à la direction générale de la navigation aérienne de l’Agence Nationale de l’Aviation Civile du Sénégal (ANACS), chef de l’inspection technique, avant d’être nommé membre de l’équipe des 19 experts de l’OACI sur la sécurité aérienne, Safety Management Panel (SMP).

Thierno Alassane Sall fut également Directeur général de l’Autorité de Régulation des Télécommunications et des Postes (ARTP) d’avril 2012 à octobre 2012.

Ensuite Mr Sall fut Ministre des infrastructures et des transports terrestre et du désenclavement entre octobre 2012 et juillet 2014, puis Ministre de l’énergie entre 2014 et 2017.

Mr. Thierno Alassane Sall has an engineering background in telecommunications and civil aviation. He worked for 22 years for ASECNA (Agency for Aerial Navigation Safety in Africa). He was the representative of ASECNA in Senegal and Comoros.

He was also auditor of civil aviation on behalf of the International Civil Aviation Organization (ICAO) in Africa, Europe, and Asia. At that time he headed the security department and quality at the Directorate General of ASECNA. Prior to becoming Minister of Energy, he was Minister for Infrastructure and Transport.

 

CHERS AMIS,

Chaque Peuple glorifie un ensemble de valeurs qui constituent la quintessence de l’Idée qu’il se fait de lui-même et de la place qu’il cherche à occuper dans le Monde

Nous sommes ici aujourd’hui au nom de l’idée que nous nous faisons de notre Pays, le Sénégal, et de l’irrépressible désir de Progrès, de Justice et de développement qui nous étreint.

Ces valeurs, des générations de Sénégalais ont consacré leur vie à leur triomphe. Leurs luttes ont eu des répercussions au-delà de nos frontières et inspiré des peuples en Afrique et ailleurs.

Tout récemment, le Mouvement du 23 juin, qui a fait échec à la tentative de conservation et de dévolution du Pouvoir contraire à l’esprit de la Démocratie, a fait des émules en Afrique. Nous sommes également fiers du rôle que la Société Civile du Sénégal joue dans le Continent.

Le peuple sénégalais a montré son indéfectible attachement aux valeurs les plus élevées.

En atteste les alternances pacifiques de régimes politiques réalisées,

En atteste également les Assises nationales qui ont réuni, dans un puissant Mouvement créateur, l’essentiel des forces vives de notre Pays : organisations politiques, syndicales, patronales, personnalités dites indépendantes.

En atteste aussi la Saga engagée à partir de Juin 2011 qui a abouti à la deuxième alternance démocratique, porteuse d’espoir de renouveau et d’ancrage définitif des valeurs portées par les Assises ;

Dans un tel contexte, la défaite morale de la Coalition au Pouvoir depuis 2012 est sans appel.

En effet, cette Coalition, qui regroupe l’essentiel des forces politiques ayant inspiré et/ou participé aux Assises nationales, avait l’obligation impérieuse de fidélité aux luttes populaires ayant permis son arrivée au Pouvoir.

Dès lors, sa défaite n’est pas seulement d’avoir relégué aux oubliettes de l’Histoire les propositions les plus pertinentes des Assises mais surtout, de s’être rendue complice, par action et par omission, d’une des plus grandes forfaitures de notre Histoire survenue à l’occasion des récentes élections législatives.

Le constat en a été si éloquemment dressé ailleurs pour qu’il soit nécessaire d’y revenir ici.

Cependant, l’enseignement majeur de cette alternance, c’est combien les pourfendeurs du Régime de Abdoulaye Wade ont confortablement porté ses habits et se sont mis à leur aise dans les Institutions qu’ils avaient promis de remodeler.

Le Conseil Constitutionnel a raté ses rendez-vous avec l’Histoire, pour avoir regardé ailleurs lorsque des milliers de citoyens, de Touba ou d’ailleurs, ont été délibérément privés de leur droit de vote. Pour avoir choisi de fermer les yeux sur les manquements flagrants, manifestes et nombreux relevés par tous les citoyens durant les élections législatives, le Conseil constitutionnel en particulier et la Justice en général ont renforcé la défiance populaire à leur endroit.

A cet égard, il est symptomatique de notre recul démocratique incontestable que c’est vers le Kenya que les Sénégalais, naguère respectés en Afrique, se tournent pour chercher des exemples de Justice constitutionnelle.

La Commission Electorale Nationale Autonome aussi a été évanescente, par exemple lorsque des milliers de cartes sont retrouvées par devers des particuliers dans des taxis ou à la rue, lorsque des centaines de milliers d’électeurs n’ont pas pu disposer de leurs documents de vote, qu’elle en a perdu toute crédibilité. La CENA s’est pour ainsi dire suicidée sous les yeux de l’Opinion.

Quant à l’Assemblée nationale, nul ne se serait aperçu de son inexistence, si elle venait à être rayée de la liste des institutions de la République.

Cependant, le plus révélateur de l’affaissement des valeurs les plus élémentaires qui fondent une République et en assurent la cohésion et la vigueur, c’est l’utilisation massive, ouverte, agressive de l’argent aux fins de fausser le jeu démocratique. Nul dans ce Pays ne peut prétendre n’en avoir une connaissance directe ou indirecte.

Pourtant le Président de la République, qui a envoyé nos forces armées défendre la Démocratie en Gambie, est celui-là même qui a fait organiser les élections les plus calamiteuses de ces 20 dernières années.

Mes chers compatriotes, chers camarades, je vous le redis, la défaite morale de la Coalition au Pouvoir est massive et totale.

Son échec au plan Economique est tout aussi flagrant.

Notre économie manifeste tous les symptômes d’une société malade. Les entreprises formelles font faillite en cascade, jetant dans la rue ou dans la précarité de l’informel, des milliers de pères et mères de familles désespérés. Or être dans l’informel, être ouvrier, menuisier, mécanicien, maçon, coiffeuse, vendeuse au Sénégal, c’est vivre dans la hantise permanente d’une vie dure et difficile.

Le chômage des jeunes atteint des proportions telles qu’il menace la cohésion sociale. Il est symptomatique que le chômage des jeunes diplômés soit, au moins, trois fois supérieur à la moyenne nationale.

Dans une quasi indifférence générale, nombre d’entre eux meurent dans les déserts nigérien, libyen ou algérien. Sinon, ils sont otages de milices qui leur font subir toutes les affres imaginables ou se noient en mer. Le fait que notre Etat ne tienne aucune statistique de ces drames à huis clos est révélateur de l’indifférence des Pouvoirs publics devant cette tragédie sans fin.

Ceci expliquant certainement cela, la classe politique occupe le peloton de tête des grosses fortunes et relègue au second plan les hommes d’affaires qui pourtant sont les seuls à prendre le risque d’investir des sommes d’argent souvent colossales acquises au terme de longues années de sacrifices ou d’un endettement contraignant.

Malgré tout, seuls les secteurs de rente sortent la tête de l’eau. Il est ainsi estimé que plus de 30% de notre richesse nationale est capturée par des oligarques de tous acabits, avec à leur tête l’élite politique qui leur sert de locomotive.

Cette culture de prédation se manifeste sans fard, à travers la privatisation de la Corniche de Dakar, le saccage de la Bande de filaos de Guédiawaye à Kayar, le partage entre copains des terres de nos communes et dans quelques mois, la razzia annoncée des terres de l’Aéroport de Dakar.

Le déclin de l’économie nationale et le délitement des mœurs de l’élite politique sont plus liés qu’il n’y parait à première vue. Des leviers économiques indispensables à la bonne marche de la société sont confiés à des mains inexpertes pour servir une clientèle politique insatiable, mais aussi se donner les moyens de s’enrichir sans cause.

Comment ne pas penser à la Société Nationale « LA POSTE » dont la gestion défie toute rationalité. En effet, il est de notoriété publique que cette Société nationale a une masse salariale supérieure à ses produits d’exploitation, le miracle de sa survie ne s’expliquant que par les ressources sans limite mises à sa disposition par le Trésor public. La Poste est maintenue dans un coma végétatif pour des raisons politiciennes. Ce cas d’école d’une irrationalité débridée et assumée est illustratif de la mentalité de flibustiers qui gangrène notre Economie ;

Comment ne pas s’indigner du mépris affiché vis-à-vis de la compétence nationale derrière lequel s’abritent le Pouvoir exécutif pour confier à des intérêts étrangers l’exploitation de notre nouvel Aéroport international, de pans entiers de notre Port, de la nouvelle compagnie aérienne, du futur Train Express Régional, des terres arables de Dodel au Fouta, j’en passe, dans des conditions qui souvent défient nos propres lois.

A ce propos, les derniers épisodes en cours, que constituent les Affaires YAVUZ SELIM et Sénégal Handling Service illustrent la honteuse soumission de notre Pays à des puissances extérieures. Jamais en effet, de manière aussi flagrante, notre Economie et notre Diplomatie ne semblent aussi peu se décider à Dakar.

Dans de telles circonstances, est-il étonnant que le Sénégal rate le train de l’Economie numérique, ou n’engage pas les initiatives novatrices à même de créer les conditions de l’émergence ?

Chers compatriotes, chers amis,

Les peuples, dit-on, n’ont que les dirigeants qu’ils méritent ; s’ils sont majoritairement vertueux, intègres, patriotes et disciplinés, ils seront suffisamment lucides et exigeants pour confier le pouvoir politique à des hommes et des femmes qui ont, chevillés au corps, la vertu civique, l’intégrité morale, le patriotisme national, le sens de l’intérêt général, la foi en la jeunesse et la discipline.

A contrario, s’ils sont vicieux, corrompus et font peu de cas de l’éthique, de la morale et du sens de l’honneur et de la responsabilité, les institutions politiques seront entre les mains d’une engeance de démagogues cupides dont le faible sens de l’État aggravé par l’inclination pathologique à la transgression des lois n’aura de cesse de fragiliser ces institutions au point de les rendre inefficaces, inefficientes et donc illégitimes à terme.

Cette vision peut sembler manichéenne, néanmoins elle a le mérite de nous interpeller sur la place et le rôle que nous nous assignons en tant que Peuple.

Elle interpelle d’autant plus que, comme nous venons de le voir, la Politique est perçue par beaucoup comme le Sésame pour accéder à la caverne d’Ali Baba.

Or, dans ce pays où la vie est dure, où assurer la Dépense quotidienne relève d’un défi de tous les instants, l’indécente distribution de ressources, aux fins de s’assurer une clientèle politique, finit par corrompre les convictions et installer un doute sur la sincérité de chaque engagement.

L’argent Roi a fini de corrompre notre Démocratie en ce que bien des électeurs monnayent leurs votes à ceux-là même qui les ont affamés. Des responsables politiques de premier ordre assument toute honte bue les reniements les plus osés, particulièrement à la veille des scrutins, lorsque la bourse des contre-valeurs atteint de tristes records. Nombre de de personnes attachées à la vertu en déduisent qu’il est malsain de se mettre en Politique car on en sort jamais indemne.

Jeunes de notre Pays, femmes et hommes de ce Peuple qui a toujours placé l’Honneur et la Dignité comme la mesure ultime de notre Humanité, si vous croyez que vos valeurs sont plus fortes que l’argent, si vous croyez que votre Foi en votre Pays n’est pas une marchandise, alors mettez-vous en Mouvement pour relever le Sénégal !

Si vous croyez que notre Pays n’a pas d’ordre à recevoir de Ankara ou d’ailleurs, alors en Mouvement !

Si vous croyez que l’Histoire de l’Humanité n’est pas finie et que les peuples d’Afrique ont leur destin à accomplir, alors en Mouvement !

A vous compatriotes qui sentez vibrer en vous le sens du patriotisme, vous qui vouez un culte à la République et aux institutions démocratiques, cette adresse vous est destinée afin qu’ensemble, nous restituons à la Politique ses lettres de noblesse, le sens d’un engagement désintéressé au service de notre Nation.

Quand il m’a fallu rendre le tablier pour sauvegarder mes valeurs, ce fut une décision irréversible qui a été bien comprise, saluée par de nombreux Sénégalais.

Je tiens à préciser qu’il s’agissait moins de chercher à capitaliser sur l’exaltation d’un acte que de susciter des interrogations pertinentes sur la responsabilité historique des gouvernants à préserver, en toutes circonstances, l’intérêt supérieur de la patrie. A l’image du sacerdoce de la magistrature et du sacerdoce du professorat, je vois dans la fonction politique ni plus ni moins un sacerdoce : une fonction qui revêt un caractère quasi-religieux par la vertu et le dévouement qu’elle exige.

Il s’agit aujourd’hui de proposer un pacte politique national qui aurait les allures d’un mouvement de reconquête de la démocratie et de la souveraineté nationale, avec comme leitmotiv le bannissement de toutes les turpitudes et contre-valeurs qui pervertissent la bonne gouvernance de l’État.

Sans doute est-il venu le temps d’endosser nos responsabilités afin de juguler le spectre du dévoiement et des reniements.

Il est devenu urgent de refonder ce pacte politique pour la matérialisation duquel la grande majorité d’entre nous s’était fait une religion sur la nécessité d’un nouvel ordre à l’avènement duquel ils avaient voté à plus de 65% en 2012.

Le Sénégal est confronté à des défis immenses. Il s’agit de les affronter sans faire la moindre concession au laxisme, à la médiocrité, à la complaisance et au renoncement, qui guettent la plupart des acteurs de la classe politique.

Il ne s’agit pas seulement de fustiger le dévoiement de la trajectoire consensuelle dessinée en 2012 et de stigmatiser les reniements massifs de maints « patriotes zélés » et ex- « architectes chevronnés de la République » ;

Il faudrait opérer des ruptures fortes, décliner les termes d’un engagement ferme et exposer une vision politique claire à proposer aux Sénégalais. Cela passe nécessairement par un acte collectif de refondation du politique, de l’État, de la démocratie et de la citoyenneté.

Cela exige aussi que nous restaurions l’autorité de l’État. Cela requiert que nous érigions la discipline au rang de crédo et de valeur absolue qui s’impose aussi bien aux gouvernants qu’aux gouvernés.

Ce sont là des enjeux cruciaux d’une économie politique qu’il urge de réinventer pour ne pas rater le train du vingt-et-unième siècle.

Cette adresse est donc une invite à rejoindre massivement l’appel lucide de patriotes déçus par une manière de faire de la politique égotique et mercenaire ; des patriotes déçus mais dont l’optimisme et l’engagement sont loin d’être définitivement entamés.

Car c’est sous-estimer notre intelligence collective que de croire qu’il n’y a pas d’autres façons de faire plus conformes à la morale, à l’éthique et à la responsabilité devant les lois sacrées de la République.

Pour ma part, je crois ferment que le sacerdoce et l’abnégation ne sont pas incompatibles avec l’engagement politique sincère.

Les cinq points suivants vont articuler notre vision qui sera développée, approfondie et complexifiée dans les mois à venir :

1) – contre les logiques d’extraversion qui limitent notre souveraineté, il faut s’élever collectivement pour être les acteurs conscients de notre histoire ;

2) – contre la gouvernance du court terme et le pilotage à vue d’inspiration électoraliste comme on le relève avec le projet de budget 2018, il faut définir des projets de société empreints d’une efficace lucidité pour sortir de l’ornière ;

3) – renouer avec les valeurs morales et éthiques qui caractérisaient les grands hommes et les grandes femmes qui ont écrit les plus belles pages de notre histoire religieuse, politique et intellectuelle ;

4) – exorciser le spectre d’une forme rédhibitoire de politique de la prédation qui vampirise l’État et entretient la corruption et les pratiques clientélistes.

5) –   réinventer notre propre utopie et les institutions politiques, économiques et sociales qui pourront la porter et la réaliser : démocratie, république, entreprise, éthique, citoyenneté, responsabilité, gouvernance, etc.

Il est rassurant sous ce rapport, que des projets pratiquement aboutis soient disponibles, à travers les travaux des Assises nationales, de la Commission de réformes des Institutions en particulier. La République des Valeurs se veut l’héritière de ce besoin profond et irréductible de progrès qui a toujours traversé la société Sénégalaise.

Jeunes de notre Pays, femmes de notre Pays, hommes de notre Pays, comme vous, je note qu’en temps de paix, qu’en période de croissance économique record, sans qu’aucune guerre ni catastrophe naturelle ne les y poussent, des femmes enceintes, des hommes valides de notre Sénégal embarquent dans des rafiots pourris pour la vie ou la mort, pour Barsa ou Barsakh;  comme vous j’observe la longue, l’infinie marche des vendeurs ambulants portant sur leurs épaules leurs familles et leur quête d’avenir , et je vois les femmes levées depuis l’aube afin de glaner avant la mi-journée la pitance des enfants à leur retour d’école.  Notre peuple, qui cultive une terre ingrate sous un soleil de plomb ne connaît pas la paresse ni le renoncement ou la résignation. Il nous manque un leadership vertueux et inspiré qui canalise tous ces mouvements vitaux vers le Progrès. La République des Valeurs veut participer à combler ce vide immense.

Thierno Alassane SALL

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